Épidémie durable

Définir une épidémie durable

En cas d’épidémie durable, nous devons intensifier notre réponse en prenant des mesures supplémentaires pour rechercher, analyser et traiter les facteurs de maintien de l’épidémie afin d’aborder correctement la réponse.

Stratégie de communication en cas d’épidémie durable

La première étape de la lutte contre une épidémie durable consiste à effectuer une analyse systématique des causes profondes de l’échec de l’interruption de la transmission de la poliomyélite. Les données et informations sociales, épidémiologiques et relatives aux campagnes doivent être regroupées et organisées pour être analysées.

Étapes clés de la stratégie de communication en cas d’épidémie durable

Dans les régions où la stratégie est un échec :

  • Identifiez les points de défaillance et les causes profondes ;
  • Redéfinissez les publics pour qu’ils correspondent aux populations les plus à risque ;
  • Utilisez le processus de planification de la communication en cas d’épidémie durable pour élaborer une stratégie de communication ou révisez votre stratégie actuelle afin de tenir

compte des obstacles et des publics identifiés aux étapes une et deux. Voir le diagramme du processus de planification à la page XX.

Dans les régions où la stratégie est une réussite :

  1. Modifiez les activités de communication pour promouvoir les avantages de la vaccination systématique.
  2. Concentrez vos efforts sur l’élimination de la lassitude envers la campagne.
  3. Continuez à tester et à rafraîchir les communications pour optimiser les performances.

Processus de planification de la communication en cas d’épidémie durable

Le processus de planification de la communication sur la poliomyélite décrit les étapes et les décisions clés à prendre lors de l’élaboration des activités de communication. Chaque étape a, pour référence, un composant correspondant dans cette boîte à outils.

Dans le cas des épidémies durables, le processus commence par une analyse approfondie des principaux problèmes ayant touché les résultats de la campagne au cours des 12 mois précédents. Documentez les décisions que vous prenez et les informations que vous utilisez à chaque étape afin de constituer une source de référence utile pour les processus de planification futurs.

Analyse des obstacles d’une épidémie durable

L’analyse des épidémies durables est une méthode rigoureuse d’investigation et de documentation des causes profondes des principaux obstacles et points d’échec identifiés lors de la mesure et de l’évaluation des efforts des campagnes précédentes. Ces causes profondes doivent être traitées de manière cohérente afin d’atteindre tous les enfants qui n’ont pas pu être vaccinés.

Cette méthode, appelée analyse des causes profondes, est une technique itérative à base de questions, qui permet d’explorer les relations de cause à effet qui sous-tendent un problème particulier. L’objectif principal de cette technique est de déterminer la cause profonde d’un défaut ou d’un problème en répétant la question « pourquoi ? ». Chaque question constitue la base de la question suivante. En général, une cause fondamentale sera révélée en cinq itérations.

Tous les problèmes n’ont pas une cause unique. Si l’on souhaite découvrir plusieurs causes profondes, la méthode doit être répétée en posant à chaque fois une séquence de questions différentes.

La clé est de remonter la chaîne de causalité jusqu’à une cause fondamentale liée au problème initial. Dans la mesure du possible, les maillons intermédiaires de la chaîne doivent être étayés par des données, mais les hypothèses fondées sur le terrain sont également viables (et peuvent faire l’objet d’une enquête dans le cadre de recherches ultérieures).

Généralement, nous considérons les causes profondes comme des obstacles à la réalisation de l’objectif comportemental souhaité. La cause profonde peut être, par exemple, un processus défaillant (le moral des personnes qui vaccinent) ou un comportement modifiable (les mères n’acceptent pas de vacciner sans le consentement de leur mari), qui peut alors être abordé directement pour résoudre le problème initial à l’aide d’une communication personnalisée.

Identification des obstacles et de leurs causes profondes

Identifier les obstacles et les causes profondes des épidémies durables est la tâche stratégique essentielle à accomplir avant de concevoir une campagne de communication. Cette section de la boîte à outils fournit des conseils et une méthode d’analyse qui vous aideront à découvrir, comprendre et résoudre les principaux obstacles qui entretiennent l’épidémie durable.

Au cours d’une épidémie durable, les obstacles à l’acceptation sont susceptibles d’être spécifiques à chaque communauté, culture et région. Ils sont également susceptibles d’être complexes, avec des causes multiples qui ont des aspects individuels, sociaux, culturels, politiques et environnementaux. Comme ces obstacles sont susceptibles d’être à la fois complexes et uniques, il est important de les comprendre systématiquement avant d’explorer des solutions de communication.

POUR COMMENCER : IDENTIFIEZ LE PROBLÈME

Diagnostiquez les obstacles à l’aide d’une première recherche menée dans les régions problématiques par l’intermédiaire du modèle CAP, en utilisant les données collectées pendant la période précédente de l’épidémie.

Les obstacles doivent être énoncés clairement sous la forme d’un énoncé du problème qui contient les éléments suivants :

  • Où des enfants ne reçoivent-ils pas le vaccin ?
  • Quel est le problème ?
  • Qui est le public concerné par le problème ?
  • Quelles sont les données qui ont permis d’identifier le problème ?

Voici quelques exemples d’obstacles sous forme d’énoncés de problèmes :

  • Dans les communautés à haut risque, les personnes qui s’occupent d’enfants connaissent la poliomyélite (taux de sensibilisation de 99 %), mais ne savent pas que les symptômes sont incurables (70 % pensent que les symptômes se soignent).
  • Dans les communautés rurales, les personnes qui ont la charge d’enfants refusent l’accès aux agents de santé, qu’elles considèrent comme des étrangers (65 % ont déclaré que l’agent de santé qui leur a rendu visite n’était pas de leur communauté, 80 % ont déclaré que l’agent n’était que peu fiable).

Cette analyse vous permettra d’acquérir une connaissance approfondie des principaux obstacles, de leurs causes et des solutions possibles.

[Barre latérale rappelant les niveaux du modèle socioécologique]

Niveau du modèle socioécologique

Description

Individuel

Caractéristique d’une personne qui influence le changement de comportement : connaissances, attitudes, efficacité individuelle, développement de l’individu, genre, âge, identité religieuse, identité raciale/ethnique, orientation sexuelle, statut économique, ressources financières, valeurs, objectifs, attentes, éducation, stigmatisation, etc.

Interpersonnel

Réseaux sociaux formels (et informels) et systèmes de soutien social susceptibles d’influencer les comportements individuels : famille, amis, pairs, collègues, réseaux religieux, coutumes ou traditions.

Communauté

Relations entre les organisations, les institutions et les réseaux d’information dans un cadre délimité qui comprend l’environnement physique (p. ex. : les parcs), les associations du village, les responsables communautaires, les entreprises et les transports.

Institutionnel

Organisations ou institutions sociales dont le fonctionnement est régi par des règles qui ont une incidence sur les modalités ou l’efficacité de la mise à disposition des services de SMNI à un individu ou un groupe, par exemple.

Politique/Environment favorable

Les lois et les politiques locales, fédérales, nationales et mondiales, y compris les politiques relatives à l’allocation des ressources en faveur de la santé maternelle, néonatale et de l’enfant et à l’accessibilité des services de santé ; les politiques restrictives (p. ex. : honoraires élevés ou taxes sur les services de santé) ou l’absence de politique de vaccination obligatoire des enfants.

[Fin de la barre latérale]

Utilisation de l’outil d’identification des causes profondes

L’outil d’identification des causes profondes vous aidera à documenter et à visualiser votre analyse. Il permet de clarifier la chaîne logique utilisée pour comprendre les causes et les éventuelles interdépendances entre les causes et les obstacles. Une fois le diagramme terminé, il peut servir de référence rapide pour le problème que vous avez identifié au cours de votre recherche et de votre analyse.

[APPEL] Lors de la réalisation d’analyses des obstacles et des causes profondes, il est important de prendre en compte les groupes et les types de mentalités du public cible. Lisez les sections suivantes pour passer en revue les deux types de groupes de mentalité, ainsi que les types d’audience des personnes influentes et des personnes qui s’occupent d’enfants.

[Barre latérale]

RAPPEL

  1. Persévérez dans votre analyse : n’arrêtez pas de vous demander « pourquoi ? » trop tôt.
  2. Consultez des experts en la matière si nécessaire ; leur présenter l’analyse et leur demander leur aide permet souvent de découvrir des causes qui pourraient autrement passer inaperçues.

[Fin de la barre latérale]

[APPEL] Choisissez et adaptez une communication créative à vos problèmes spécifiques et à leurs causes profondes.

Analyse du public d’une épidémie durable

États d’esprit : les volontaires et les réfractaires

Cette section vous aidera à comprendre les groupes d’état d’esprit fondamentaux et les types de public que votre communication doit cibler lors d’épidémies durables.

Qu’est-ce qui motive des personnes à accepter la vaccination contre la poliomyélite au cours d’une épidémie durable ? Pour de nombreuses personnes, la décision est simple et prise tôt pendant l’épidémie. Ces personnes ont conscience de courir des risques importants de contracter la poliomyélite et de ce qu’elles peuvent faire pour l’éviter. Cela leur suffit à accepter de faire vacciner leurs enfants. Ces personnes sont dites « volontaires ».

Toutefois, au cours d’une épidémie durable, des campagnes répétées en faveur du vaccin contre la poliomyélite peuvent mettre à l’épreuve la patience et la confiance des personnes qui s’occupent d’enfants. Il devient donc très important de réorienter la communication pour qu’elle se concentre sur des thèmes allant au-delà de la simple sensibilisation.

Les volontaires pendant les épidémies durables

Pendant les épidémies durables, les volontaires acceptent les rappels de vaccin. Cela signifie que les efforts de vaccination initiaux ont permis de les convaincre de l’importance du vaccin. Les volontaires sont sensibles à la menace posée par la poliomyélite pour leurs enfants et ils ont tendance à faire confiance aux figures d’autorité lorsque ces dernières recommandent une dose de rappel pour leurs enfants. Les volontaires en période d’épidémie durable sont plus ouverts aux rappels de vaccin. Ils comprennent que ces derniers sont nécessaires, mais la frontière qui les sépare des réfractaires est mince s’ils n’ont pas confiance en la nécessité d’une vaccination continue ou n’y croient pas.

Questions clés pour les volontaires

La lassitude est une problématique clé pour les volontaires lors des épidémies durables. La longue durée de ce type d’épidémie entraînera un nombre très élevé de contacts vaccinaux avec les agents de santé au fur et à mesure que les campagnes s’accumulent. Cette exposition répétée peut éroder la confiance et la conviction que le vaccin fonctionne.

Nous devons nous attaquer à ce risque au moyen d’une communication adaptable et stratégique. Pour plus d’informations sur l’élaboration d’activités de communication adaptatives, voir le troisième principe directeur, page XX.

Les réfractaires pendant les épidémies durables

Le second état d’esprit est celui des réfractaires. Lors d’une épidémie durable, les réfractaires passifs ou actifs deviennent l’objet principal de l’analyse, de la stratégie et de la communication. Tandis qu’ils représentent généralement une minorité de personnes à risque, les réfractaires peuvent favoriser la méfiance à l’égard de la vaccination au sein de communautés offrant un environnement social et culturel favorable à leur incrédulité. Cette dynamique sociale, associée à un faible niveau de vaccination et d’immunité, constitue un environnement propice à l’apparition d’une épidémie de poliomyélite. Les réfractaires se définissent par une réticence à vacciner leurs enfants pendant l’épidémie initiale et tout au long de l’épidémie durable. Une personne peut être réfractaire de temps à autre ou à chaque fois. Ils peuvent refuser ouvertement ou éviter passivement la vaccination ou les agents de santé. Leur rejet a des causes profondes complexes et entremêlées, et des activités de communication qui fonctionnent bien avec les volontaires peuvent ne pas avoir le même effet sur les réfractaires. Il est donc extrêmement important de comprendre la cause profonde qui pousse une personne qui a la charge d’enfants à refuser le vaccin.

Les états d’esprit peuvent être variables, peu importe la situation — lors d’une épidémie, durable ou non, ou en dehors de ces périodes. Les volontaires peuvent devenir réfractaires, et vice-versa, si leur appréciation personnelle change. Toutefois, le passage de l’acceptation au rejet est particulièrement grave dans un contexte d’épidémie durable en raison des doses de vaccination à répétition et de la durée de l’épidémie.

Questions clés pour les réfractaires

Le passage du rejet à l’acceptation du vaccin est une tâche particulièrement difficile, qui demande d’établir et de maintenir une relation de confiance et de bonne volonté entre les agents de santé et les réfractaires. Dans toutes nos activités de communication, nous insistons sur cette nécessité. Si les médias de masse peuvent fournir un environnement favorable au changement de perceptions, c’est la communication interpersonnelle qui est la plus susceptible de modifier les comportements. Pour obtenir des conseils sur les messages et les approches de communication interpersonnelle pour les réfractaires, voir la section sur la communication interpersonnelle, aux pages XX.


Publics itinérants

Les volontaires comme les réfractaires peuvent être « itinérants ». C’est-à-dire qu’ils n’ont pas de domicile fixe et sont plus difficiles à atteindre. Dans la mesure du possible, avec l’aide du gouvernement, la vaccination des enfants devrait devenir une condition préalable aux voyages et à l’emploi, quelle que soit la destination. Dans tous les autres cas de figure, il convient d’utiliser des moyens de communication adaptés pour toucher les populations itinérantes.

Nous devons envisager les meilleurs moyens d’atteindre et de vacciner ces populations. Pour y parvenir, il faut généralement prévoir des médias aux principaux points de passage. Réussir une interaction avec une personne s’occupant d’enfants qui est généralement pressée, non préparée et peut-être peu désireuse de recevoir un service de santé à ce moment-là, surtout si elle a déjà reçu le même service plusieurs fois auparavant, dépend aussi fortement de la communication interpersonnelle.

En outre, les motivations des personnes itinérantes devraient être exploitées pour encourager la vaccination. Ces personnes de passage, potentiellement déplacées, sont des « étrangers en terre étrangère », et nous avons la possibilité de faire écho chez elles si nos messages reconnaissent leur lieu d’origine, leur destination ou la raison de leur voyage. La familiarité avec la « marque » est une source importante de confiance qui devrait être utilisée dans les activités de communication aux points de passage.

Facteurs clés pour les personnes itinérantes

  • Les communications doivent être adaptées pour refléter la culture et le pays d’origine des publics itinérants.
    • Si la poliomyélite était un problème dans leur lieu d’origine, harmonisez les messages et « l’image de marque » avec le lieu d’origine ou le lieu de voyage.
    • Identifiez et utilisez des porte-parole et des sources qu’ils considèrent comme crédibles pour instaurer la confiance.
  • Il se peut que les publics itinérants soient moins familiers avec la poliomyélite. Il est donc important de présenter la vaccination comme une question de santé régionale essentielle.
  • Il se peut que les publics de passage soient moins familiers avec la poliomyélite. Il est donc important de présenter la vaccination comme une question de santé régionale essentielle.
  • Utilisez les canaux médiatiques appropriés, tels que :
    • Les cabines dans les principaux lieux de transit ;
    • Les camionnettes mobiles affichant des supports de communication ;
    • Les bus urbains ;
    • les services de messagerie écrite (SMS) et vocale destinés aux personnes qui voyagent au-delà des frontières, ainsi que d’autres supports extérieurs dans les espaces publics, tels que les gares, les bus, les arrêts de bus, les marchés, les kiosques à lait, les banques et les écoles
  • Si possible et lorsque cela est approprié, regroupez la vaccination contre la poliomyélite avec d’autres messages sur les services de santé souhaités.
  • Utilisez des moyens de communication multiusages, tels que des brochures qui peuvent être pliées en petits jouets pour les enfants.

Types de public : personnes s’occupant d’enfants et personnes influentes

Nos communications s’adressent principalement aux deux catégories de publics suivantes : les personnes s’occupant d’enfants et les personnes influentes.

Personnes s’occupant d’enfants

Les personnes s’occupant d’enfants sont les membres de la famille qui peuvent prendre la décision d’accepter ou de refuser la vaccination de leurs enfants. Le tableau ci-dessous décrit le rôle des personnes qui s’occupent d’enfants lors d’une épidémie durable.

Personnes influentes

Les personnes influentes sont les individus clés qui exercent une influence sur les personnes s’occupant d’enfants aux différents niveaux du modèle socioécologique. Il peut s’agir d’anciens, de chefs religieux et responsables communautaires, de personnalités politiques et d’autres membres de la société.

Il peut être utile de cibler, d’aborder et de faire participer les publics secondaires qui influencent les personnes ayant la charge d’enfants. Les tableaux suivants décrivent les types d’audience des personnes influentes et leurs profils communs afin de donner un aperçu de la manière dont elles peuvent être incluses dans les activités de communication liées à l’épidémie durable. Ces tableaux sont dérivés du modèle socioécologique de communication pour le développement, mais se concentrent spécifiquement sur les publics qui peuvent influencer directement la personne qui a la charge d’enfants.

Échanges interpersonnels et messages clés

Les tactiques des médias de masse sont un élément efficace et crucial de tout programme, mais, là où elles échouent, les tactiques de communication interpersonnelle peuvent réussir. Les éléments des médias de masse sont unidirectionnels et ne sont pas en mesure de s’adapter aux besoins et aux préoccupations des publics sur le moment. La communication interpersonnelle, en revanche, est dynamique : elle peut être adaptée aux besoins spécifiques de l’individu et permettre de surmonter efficacement les obstacles propres aux personnes qui ont la charge d’enfants.

Les thèmes suivants représentent des obstacles complexes que les tactiques des médias de masse peuvent ne pas réussir à surmonter. Ces thèmes comportent des solutions interpersonnelles et des messages clés qui devraient être délivrés par un agent de santé ou de mobilisation sociale. Il est important que ces thèmes soient intégrés dans toutes les formations des agents de santé de première ligne.

THÈME UN : Campagnes à répétition

Problème

  • Nous leur rendons visite souvent, sans parvenir à faire que l’acceptation du vaccin ne devienne une habitude assez forte.
  • Après X visites, les populations commencent à se sentir frustrées et ne comprennent pas la nécessité de ces visites. Le fait que la poliomyélite continue de représenter une menace ne leur a pas été communiqué de manière adéquate.

Solution

  • Faites preuve d’empathie à l’égard de leur frustration avant d’expliquer de manière neutre la raison de ces campagnes répétées.
  • Écoutez leur réponse.
  • Soulignez l’importance de faire cela ensemble, sans être pressant ou irrespectueux.
  • Expliquez que d’autres membres de la communauté vaccinent également leurs enfants et que de nombreux enfants sont vaccinés chaque jour pour assurer la sécurité de toute la communauté.
  • Message à la personne qui a la charge d’enfants

Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.

  • Je vois très bien pourquoi vous vous sentez comme cela. J’ai aussi ressenti cela, mais je me suis rendu compte que c’est une bonne chose que nous continuions ensemble à protéger nos enfants contre la poliomyélite. Il s’avère que, pour que nos enfants cessent de tomber malades à cause de la poliomyélite, nous devons continuer à les vacciner. Cela protégera nos enfants jusqu’à ce que le virus ne soit plus détecté dans l’eau de la région, où il peut vivre et continuer à infecter de nouveaux enfants non vaccinés pendant près de six mois. C’est pourquoi nous continuons à proposer le vaccin, et il s’avère que c’est une bonne chose pour votre enfant de continuer à le prendre par précaution. Si nous travaillons tous ensemble pour protéger tout le monde, nous pourrons éradiquer complètement la maladie. Aidez-nous, s’il vous plaît, et aidez vos amis et votre famille à comprendre cela.
  • Message des personnes influentes (nous partons du principe que nous ne travaillerons qu’avec des personnes qui soutiennent personnellement le vaccin)

Présentation auprès de la personne influente, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de le personne d’influence.

  • Combien de fois viendrons-nous ? Nous continuerons de venir, jusqu’à ce que la poliomyélite ait disparu d’ici. Nous savons que nous pouvons y parvenir parce que nous l’avons
  • complètement éradiquée de nombreux autres pays du monde et de la plupart des régions de notre pays. Il s’avère que, pour enrayer totalement la poliomyélite, nous devons continuer à protéger nos enfants jusqu’à ce que le virus ne soit plus détecté dans l’eau locale, où il peut vivre et continuer à infecter les nouveau-nés et les enfants non vaccinés pendant près de six mois entre deux cas actifs. Tant que le virus n’a pas complètement disparu, chaque nouvel enfant est à risque et la poliomyélite peut facilement revenir dans notre communauté par l’intermédiaire d’un enfant vulnérable. C’est pourquoi nous devons venir si souvent. Si nous travaillons tous ensemble pour protéger tout le monde, nous pourrons éradiquer complètement la maladie. Aidez-nous, s’il vous plaît, et aidez vos amis et votre famille à comprendre cela.

THÈME DEUX : Croyances selon lesquelles le vaccin n’est pas sûr

Problème

  • Nous avons fréquemment communiqué que le vaccin est sûr, mais des croyances persistantes selon lesquelles il ne l’est pas indiquent que notre message n’a pas été reçu ou s’il a été reçu, que la population ne lui a pas fait confiance ou qu’une rumeur crée suffisamment d’incertitude pour rendre inefficaces les messages normaux à propos de la sûreté du vaccin.

Solution

  • Faites preuve d’empathie à l’égard de leurs préoccupations afin de désamorcer les émotions négatives que la population peut éprouver à l’égard du vaccin, en particulier la peur, l’incertitude et le doute.
  • Recadrez la question de la sécurité au point de référence immédiat et familier de la communauté locale. Les dirigeants connus et les célébrités qui œuvrent en faveur du vaccin contre la poliomyélite peuvent également être utiles de temps à autre.
  • Écoutez leur réponse.
  • Soulignez l’importance de faire cela ensemble, sans être pressant ou irrespectueux.
  • Si nécessaire, proposez de prendre une quantité du vaccin lui-même, pour montrer qu’il est utile et sans danger.

Message aux personnes s’occupant d’enfants

  • Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.
  • Je vois très bien pourquoi vous vous sentez comme cela. Cela a été le cas pour moi aussi avec les enfants de ma famille. Mais j’ai ensuite appris que le vaccin était parfaitement sûr et je n’ai jamais vu un enfant tomber malade après s’être fait vacciner. Le pire qu’il puisse arriver est une légère poussée de fièvre, ce qui est normal : c’est un signe que le corps utilise le vaccin pour s’immuniser contre la poliomyélite.
  • Nous administrons ce vaccin depuis des années dans ce/cette [communauté/village/quartier/ville/zone] et tous les enfants se portent bien. Quand on y réfléchit, vous connaissez déjà tellement de personnes qui se font vacciner lorsque l’on vient et elles ne rencontrent aucun problème. Vous les connaissez toutes probablement très bien aussi. Les [responsables de votre communauté] et les [chefs religieux] ont également donné ce vaccin à leurs enfants et ces derniers vont très bien. C’est parce que nous savons tous qu’il est totalement sûr. Nous avons la chance qu’il existe un moyen si facile de prévenir cette maladie. C’est formidable.
  • L’administration de ce vaccin ne protège pas que vos enfants ; en fait, cela nous aide à éradiquer la poliomyélite et donc à protéger les enfants de notre communauté. Si vous voulez, je peux prendre une petite dose de vaccin en même temps que votre enfant. Cela ne peut qu’être utile et ne pose absolument aucun risque à quiconque le prend.

Message des personnes influentes (nous partons du principe que nous ne travaillerons qu’avec des personnes qui soutiennent personnellement le vaccin)

  • Présentation auprès de la personne influente, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne d’influence.
  • Combien de personnes de votre communauté se sont fait vacciner, y compris vous et votre famille ? Et personne n’est jamais tombé malade, car le vaccin est totalement sûr. Se faire vacciner est simplement normal. Lorsque nous faisons vacciner tous nos enfants, nous pouvons protéger des maladies l’ensemble de nos familles et de la communauté. Nous avons la chance qu’il existe un moyen si facile de prévenir cette maladie. C’est formidable.
  • Certaines personnes semblent s’inquiéter que le vaccin ne soit pas sûr. C’est normal : c’est une bonne chose de s’inquiéter pour ses enfants et leur santé. Nous voulons que ces personnes sachent que le vaccin est sûr et que rien de mal n’arrive jamais aux enfants à qui nous l’administrons. Et pour preuve : nous l’avons administré à d’autres enfants de la communauté auparavant et ces enfants sont en parfaite santé, exempts de poliomyélite. Nous espérons que vous nous aiderez en expliquant à votre famille, à vos amis, à vos voisins [et à vos responsables communautaires/religieux s’il y a lieu] à quel point le vaccin est sûr et qu’ils connaissent, en réalité, de nombreuses personnes l’ayant reçu.

THÈME TROIS : Méfiance envers la campagne

Problème

  • Le programme de lutte contre la poliomyélite est omniprésent et les campagnes sont fréquentes. Le nombre de personnes ayant été en contact avec la campagne est plus élevé que celui des personnes ayant été en contact avec la poliomyélite ou ses symptômes. La rareté relative de la maladie signifie que la cause des activités de vaccination n’est, de prime abord, pas toujours connue et immédiate pour les individus. Au lieu de cela, ils doivent l’apprendre par l’intermédiaire d’activités de communication et de leur communauté, plutôt que par une observation personnelle.
  • Le mauvais environnement d’information entraîne un scepticisme et une méfiance naturels à l’égard des discours officiels, en particulier lorsque ces derniers n’expliquent pas en détail leurs origines, leurs objectifs et leurs auteurs.
  • L’insécurité et l’instabilité régionales exacerbent les problèmes de confiance en rendant le scepticisme et la suspicion rationnels et normaux.
  • Les rumeurs et les explications concurrentes sont entretenues et acceptées lorsqu’elles sont à la fois incontestées et émotionnellement satisfaisantes.
  • Le fait de croire qu’il est question de corruption peut être fondé sur des faits, ce qui confère une crédibilité supplémentaire aux rumeurs et à la méfiance. Cela sera particulièrement vrai si le gouvernement a déjà censuré et contrôlé les informations, la presse et les médias de masse dans la région par le passé. Dans certains cas, cet effet est si extrême que les sources d’informations étrangères et internationales peuvent être plus crédibles que les sources locales et nationales.
  • Fournir des informations correctes ne représente qu’une partie de la solution pour corriger les fausses croyances et les rumeurs.
  • Les informations seules sont souvent insuffisantes lorsque la méfiance est répandue.
  • La confiance naît de la crédibilité de la source, et non de l’exactitude de l’information. Un individu sceptique examinera attentivement la source avant de décider de faire confiance à l’information elle-même.
  • De multiples facteurs influencent l’appréciation personnelle de la crédibilité :
    • La personne connaît-elle la source (par exemple, une marque, une entreprise ou une personnalité connue et de confiance) ou non ?
    • La source a-t-elle une connaissance directe ou particulière de l’information communiquée ? En a-t-elle été témoin ?
    • Les informations sont-elles suffisamment détaillées ?
    • Aurait-il été difficile de manipuler ou de déformer les informations ?
  • Il ne suffit pas de nier les rumeurs et les contradictions, car le manque de confiance signifie que les nouvelles informations ne sont pas crédibles, qu’elles soient correctes ou non.

Solution

Les informations fournies par communication interpersonnelle doivent montrer les campagnes comme étant dignes de confiance, en utilisant des informations crédibles provenant directement d’un agent de santé ou de mobilisation sociale. Présentez-vous correctement. L’agent de santé/mobilisation sociale doit se présenter, expliquer qui il est, d’où il vient et quelle(s) connaissance(s) commune(s) la personne s’occupant d’enfants et lui-même partagent. Si l’agent de santé est titulaire d’une carte d’identité, il doit la montrer. Cela démontre leur fiabilité et leur crédibilité personnelles et donne à la personne s’occupant d’enfants un sentiment de contrôle, car elle pourra vérifier la crédibilité de l’agent de santé/mobilisation sociale par l’intermédiaire d’une personne de confiance.

  • Faites savoir que la campagne vaccinale est l’approche classique pour lutter contre les épidémies de poliomyélite et qu’elle a été mise en œuvre en toute sécurité par le passé et dans d’autres pays.
  • Soulignez que ces informations ont été obtenues personnellement grâce à l’accès que l’agent de santé/mobilisation sociale a eu pendant sa formation.
  • Insistez sur le fait que les personnes à l’origine du programme sont connues et ont la confiance de l’agent de santé/mobilisation sociale.

Message à la personne s’occupant d’enfants

  • Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.
  • Je comprends ce que vous dites, mais c’est faux. Ces campagnes sont en fait tout à fait ordinaires et la façon dont nous les menons ici est similaire à la façon dont elles ont été menées partout ailleurs dans le monde. Nous recevons en fait une formation similaire et le même vaccin. Je l’ai vu de mes propres yeux lorsque j’ai commencé à participer aux campagnes en parlant aux parents de la poliomyélite et de la vaccination contre cette maladie. Les campagnes demeurent inchangées depuis des dizaines d’années parce qu’elles fonctionnent. Tout est très ordinaire. Vous pouvez demander à n’importe lequel d’entre nous : nous avons tous vu la même chose pendant notre formation et lorsque nous allons chercher les vaccins. Pour tous ceux qui travaillent sur ces campagnes, c’est à la fois un métier et un effort important. Mais nous savons que cela en vaut la peine, car, ensemble, nous pouvons protéger les enfants. Nous sommes là pour aider et, avec votre contribution, nous pouvons faire en sorte que vos enfants, les enfants de cette communauté et les enfants du monde entier soient protégés contre la poliomyélite.

Message aux personnes influentes

  • Présentation auprès de la personne influente, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne d’influence.
  • Certaines personnes semblent s’inquiéter du fait que les campagnes de lutte contre la poliomyélite ne visent pas uniquement à vacciner les enfants contre la poliomyélite et elles sont confuses. Elles pensent que quelque chose se cache là derrière. Ce n’est pourtant pas le cas. En réalité, les campagnes sont tout à fait ordinaires. Je le sais, car j’ai vu que nous avons recours aux mêmes formations et méthodes que les campagnes plus anciennes dans d’autres pays. C’est presque exactement la même chose, partout. C’est parce que cela fonctionne : c’est un effort difficile et de taille de vacciner tous les enfants de notre région, donc nous devons être vraiment organisés et cohérents. Tant que nous continuerons, nous nous approcherons de la protection complète de nos enfants contre la poliomyélite, pour toujours. Une fois cet objectif atteint, nous pourrons arrêter les campagnes. C’est aussi simple que cela.

THÈME QUATRE : Croyances selon lesquelles le vaccin n’est pas efficace

Problème

Pour une efficacité optimale, le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) requiert plusieurs doses. Dans le scénario idéal, trois sont efficaces. Des conditions variables sur le terrain nécessitent beaucoup plus de doses, en fonction de la force du système immunitaire de l’enfant.

Solution

  • Demandez aux personnes s’occupant des enfants pourquoi elles pensent que le vaccin est inefficace.
  • Faites preuve d’empathie à l’égard de ces personnes afin de désamorcer les tensions que pourrait provoquer un désaccord avec leurs convictions.
  • Expliquez que le vaccin est efficace, mais que chaque enfant est différent et que certains ont besoin de moins tandis que la plupart des enfants ont besoin d’une quantité de vaccin plus importante pour être complètement protégés, ce qui explique pourquoi certaines personnes pensent que le vaccin est inefficace.
  • Si la personne qui s’occupe d’enfants ne comprend pas comment les vaccins sont efficaces en général, utilisez des métaphores simples pour expliquer la notion de prévention des maladies.
  • Si la personne ne peut pas être convaincue, demandez-lui sa confiance et sa volonté d’administrer le vaccin par simple précaution.

Message à la personne s’occupant d’enfants

  • Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.
  • Je comprends ce que vous ressentez et j’y ai pensé aussi. Mais je me suis ensuite rendu compte que le vaccin est plus efficace s’il est administré plusieurs fois, et qu’il faut le faire autant de fois que possible pour obtenir la meilleure protection. C’est pourquoi nous venons si souvent.
  • Cela dépend vraiment de votre enfant. Chaque enfant est différent, surtout en ce qui concerne la santé. Certains semblent ne jamais tomber malades, même lorsqu’ils viennent de naître, tandis que d’autres semblent avoir toujours besoin d’aide pour combattre les fièvres et les maladies. Le vaccin fonctionne de la même manière, mais il est possible de le prendre plusieurs fois sans danger. Tout le monde a besoin d’au moins trois doses pour être
  • protégé, mais de nombreux enfants en ont besoin de cinq, voire plus, surtout s’ils tombent souvent malades. De toute façon, avec n’importe quel enfant, il est plus sûr de le prendre à chacune de nos visites.
  • Les vaccins protègent les enfants en aidant leur corps à reconnaître et à combattre les maladies avant qu’ils ne tombent malades. C’est vraiment comme pour n’importe quel autre danger : vous devez être capable de le reconnaître à l’avance ou vous aurez des problèmes. Un enfant non vacciné est comme un chauffeur de bus sans phares. Comment éviter un accident s’il ne voit pas la route devant lui ? Mieux vaut faire preuve d’intelligence en les protégeant contre les dangers à l’avance.
  • Comme vous pouvez l’imaginer, il est difficile de vacciner tout le monde dans un village, sans parler d’une grande ville ou d’un pays entier. Mais nous y sommes parvenus et nous avons protégé tant d’enfants, en coopérant les uns avec les autres. Lorsqu’il s’agit de maladies, nous les combattons tous ensemble. Le vaccin devient beaucoup plus efficace une fois que tout le monde l’a reçu, car il devient plus difficile pour la poliomyélite de trouver des enfants non protégés pour se répandre.
  • Puisqu’il n’y a aucun risque ici, je peux prendre quelques gouttes maintenant. Si vous voulez regarder, c’est totalement sans danger. Pouvons-nous les donner à votre enfant, juste pour être sûrs ? Car c’est ce qui est amusant avec les vaccins : lorsqu’ils fonctionnent, la maladie est évitée, alors il vaut mieux être prudent et les prendre.
  • Pour que le vaccin fonctionne au mieux, votre enfant doit être suffisamment fort pour combattre les infections. Lavez-vous les mains avec du savon pour éviter la diarrhée, faites-lui subir tous les vaccins de routine pour vous assurer qu’il est protégé contre toutes les autres maladies, et donnez-lui une alimentation saine et nutritive, tout en l’allaitant.

Message aux personnes influentes

  • Présentation auprès de la personne influente, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne d’influence.
  • Une personne vous a-t-elle dit penser que le vaccin contre la poliomyélite ne fonctionne pas ? Qu’a-t-elle dit ? Pourquoi pensez-vous qu’elle pense cela ?
  • Le vaccin contre la poliomyélite fonctionne bel et bien, mais les enfants un peu plus faibles ont parfois besoin de plus de doses pour être totalement protégés, si bien que l’on croit parfois que le vaccin ne fonctionne tout simplement pas. Je peux comprendre pourquoi ils sont arrivés à cette conclusion. Il faut en fait plusieurs doses pour obtenir une protection complète, c’est pourquoi nous venons ici si régulièrement. Prendre le risque d’attraper la poliomyélite alors que recevoir le vaccin est si facile d’accès et si sûr ne vaut pas la peine.
  • Cela dépend vraiment de l’enfant. Chaque enfant est différent, surtout en ce qui concerne la santé. Certains semblent ne jamais tomber malades, même lorsqu’ils viennent de naître, tandis que d’autres semblent avoir toujours besoin d’aide pour combattre les fièvres et les maladies. C’est la même chose pour les vaccins. Donc, pour être en sécurité, nous avons besoin de votre aide. Parlez-en à vos amis, à vos voisins et à votre famille et dites-leur que nous nous ferons un plaisir de leur parler et de les écouter au sujet de leurs préoccupations. Il est normal de se poser des questions sur les médicaments pour enfants et nous voulons vous aider.
  • Comment pourrions-nous mieux parler de l’efficacité du vaccin aux membres de votre communauté ?

THÈME SIX : Indisponibilité des enfants (absents, nouveau-nés, malades, endormis)

Problème

  • La cause de leur indisponibilité doit être comprise à la fois du point de vue individuel afin de réagir de la bonne manière et, du point de vue collectif, pour comprendre s’il existe une autre raison à leur indisponibilité qui nécessite une intervention supplémentaire pour y remédier, au-delà des communications interpersonnelles individuelles.
  • Il est également possible que les déclarations d’indisponibilité de l’enfant soient une manière « indirecte » de refuser le vaccin, dans le but d’éviter une confrontation directe.
    • Si c’est le cas, ignorer ce désir d’éviter la confrontation communique un manque d’empathie envers la personne s’occupant de l’enfant, ce qui peut renforcer son refus et le transformer en rejet pur et simple.
    • Dans le même temps, le fait de les croire sur parole peut encourager davantage de refus « indirects » au sein d’une communauté ou d’une région, si l’on sait que ces types de refus ne seront pas contestés.
    • Pour compliquer encore les choses, la véracité d’une déclaration d’indisponibilité peut être difficile ou impossible à discerner sur le moment.

Solution

  • Approfondissez doucement la question pour voir si la personne qui s’occupe de l’enfant est prête à s’expliquer davantage et demandez-lui de suggérer un moment qui lui conviendrait pour créer un sentiment de réciprocité dans votre conversation.
  • Informez cette personne qu’elle et ses enfants ont le droit de recevoir le vaccin, fourni gratuitement, et qu’ils ratent leur chance de le recevoir lorsque leurs enfants ne sont pas disponibles.
  • Si la sécurité régionale le permet, fournissez à la personne des informations supplémentaires sur les dates de visite des agents de santé, ainsi que sur d’autres lieux et moyens pour obtenir le vaccin (camps de santé et autres établissements de soins).
  • Demandez-leur de discuter, avec leurs voisins, du vaccin et des jours de visite des agents de santé également.

Message à la personne s’occupant d’enfants

  • Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.
  • Je suis désolé d’apprendre que vos enfants ne sont pas là. Ce n’est pas grave, nous reviendrons [insérer la date] pour réessayer. Vous et vos enfants avez le droit de recevoir ces vaccins gratuitement. Il est donc important de trouver un moment où ils pourront les recevoir. Sinon, ils ne recevront pas ce qui est juste pour eux, et ce dont ils ont besoin pour se protéger — et protéger votre famille — de la poliomyélite. Puis-je demander où ils sont et pourquoi ils ne pouvaient pas être ici pour recevoir leur vaccin ?
  • Puis-je vous aider, d’une manière ou d’une autre ? Y a-t-il un autre moment qui vous arrange mieux pour que nous venions ?
  • Seriez-vous prêt à en discuter avec votre famille, vos amis et vos voisins ? Nous voulons que chacun connaisse ses droits et que chacun profite de ce service, qui est gratuit.
  • De manière générale, quand pensez-vous que nous devrions venir lorsque nous pouvons fournir des soins et des services ?

Message aux personnes influentes

  • Présentation auprès de l’influenceur, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne qui s’occupe d’enfants.
  • Certains parents de votre région nous ont dit que leurs enfants n’étaient pas là quand nous venions avec les vaccins contre la poliomyélite. Nous craignons qu’ils ne comprennent pas qu’eux et leurs enfants ont droit à ces médicaments et qu’ils vont manquer leur chance parce qu’ils ne savent pas quand ils doivent être chez eux pour les obtenir. Seriez-vous prêt à en parler à votre communauté et à lui faire savoir que ses enfants doivent être présents pour recevoir ce qui leur revient de droit ?
  • Nous sommes également disposés à passer à d’autres moments, si cela convient mieux à certains parents. Quel serait le meilleur moment, selon vous ?

THÈME SEPT : Croyances selon lesquelles la poliomyélite se soigne

Problème

  • Ces expériences, qu’il s’agisse d’expériences personnelles ou de ouï-dire provenant de sources fiables, fournissent aux personnes qui s’occupent d’enfants une base crédible pour les croyances erronées qui ne peuvent être réfutées simplement.
  • Bien que la maladie ne soit pas guérissable, des enfants se remettent parfois des symptômes et il est naturel que les gens en déduisent que cette guérison est le résultat des soins reçus à l’époque, leur faisant ainsi croire que la poliomyélite se guérit.
  • Les personnes qui s’occupent d’enfants peuvent croire que la poliomyélite est guérissable, surtout s’ils ont vu une personne qui présentait les principaux symptômes se rétablir pendant qu’elle recevait des soins.

Solution

  • Faites preuve d’empathie envers la personne s’occupant d’enfants et interrogez-la gentiment sur sa conviction que la poliomyélite se soigne et sur les raisons pour lesquelles elle le croit.
  • Si cette conviction est fondée sur des récits anecdotiques de guérison, ne lui dites pas qu’elle a tort ou que ces récits sont faux. Exprimez plutôt votre étonnement et votre gratitude pour le rétablissement miraculeux de ces enfants.
  • Expliquez qu’il faut un miracle pour se remettre de la poliomyélite et que les soins reçus ne sont pas la raison de la guérison.
  • Dans ce contexte, nous devons tous espérer des miracles pour les malades, mais il vaut mieux agir et protéger les enfants par la vaccination, plutôt que de laisser faire le hasard.
  • Si les croyances sont tout simplement erronées, fournissez des informations correctes sans directement contredire la personne ou lui dire qu’elle a tort.

Message à la personne s’occupant d’enfants

  • Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.
  • Le fait que vous pensiez que la poliomyélite se soigne est intéressant. J’aimerais mieux comprendre. Pouvez-vous me dire pourquoi vous croyez cela ?
  • [Si les croyances sont basées sur des récits anecdotiques de guérison] C’est incroyable, et nous devrions tous être reconnaissants pour une guérison aussi miraculeuse. Merci d’avoir partagé ce récit avec moi. Si seulement tous les enfants pouvaient être si chanceux. S’ils l’étaient, je n’aurais pas à faire ce travail et je pourrais me consacrer à d’autres occupations. Malheureusement, nombre d’entre eux n’ont pas cette chance. La solution la plus sûre est de vacciner les enfants pour leur garantir une certaine protection au lieu de les laisser courir un risque de paralysie en priant pour qu’un miracle arrive. C’est pourquoi nous devons faire preuve de vigilance.
  • [Dans les autres cas] Je comprends ce que vous ressentez, et j’y ai pensé aussi. Mais je me suis ensuite rendu compte que seuls certains enfants ont la chance de se remettre de ces effets de la maladie et que les remèdes maison et autres médicaments ne sont pas fiables. Lorsque cela arrive, on peut dire qu’il s’agit d’un vrai miracle. Si seulement tous les enfants pouvaient être si chanceux. S’ils l’étaient, je n’aurais pas à faire ce travail et je pourrais me consacrer à d’autres occupations. Malheureusement, nombre d’entre eux n’ont pas cette chance. La solution la plus sûre est de vacciner les enfants pour leur garantir une certaine protection au lieu de les laisser courir un risque de paralysie en priant pour qu’un miracle arrive. C’est pourquoi nous devons faire preuve de vigilance.

Message aux personnes influentes

  • Présentation auprès de la personne influente, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne d’influence.
  • Est-ce qu’une personne à qui vous avez parlé vous a dit qu’elle pensait que la poliomyélite était guérissable ? Qu’a-t-elle dit ? Pourquoi pensez-vous qu’elle pense cela ?
  • Je comprends pourquoi quelqu’un peut croire cela, et c’est bien d’avoir de l’espoir. Mais en réalité, seuls certains enfants guérissent des symptômes, et les médicaments et remèdes maison ne fonctionnent tout simplement pas. Cela relève quasiment du miracle lorsqu’un enfant guérit. Nous aurions la main bien heureuse si cela arrivait plus souvent. Malheureusement, nombre d’entre eux n’ont pas cette chance. La solution la plus sûre est de faire vacciner les enfants pour garantir leur protection contre la poliomyélite au lieu de les laisser courir un risque de paralysie en priant pour qu’un miracle arrive.
  • Ensemble, j’espère que nous pourrons faire passer ce message : ne comptez pas sur un miracle si un moyen plus sûr existe. Faites vacciner vos enfants.
  • S’il vous plaît, parlez-en à vos amis, vos voisins et votre communauté et dites-nous comment nous pouvons vous aider à faire circuler la vérité concernant la poliomyélite.

THÈME HUIT : PVDVc

Problème

  • Si cela arrive ET que suffisamment d’enfants ne sont pas vaccinés dans la zone géographique, il est possible qu’une épidémie se développe.
  • Alors que la menace posée par les poliovirus diminue, la souche du virus dérivée du vaccin antipoliomyélitique oral qui circule peut être à l’origine d’épidémies en observant des mutations.

Solution

  • Les épidémies de PVDVc sont traitées exactement de la même manière que les autres ; la couverture vaccinale des enfants est la clé pour y mettre fin. Il n’est donc pas nécessaire de communiquer activement au sujet du PVDVc, sauf si des connaissances au sujet de ce dernier sont spécifiquement à l’origine de refus et que les personnes commencent à croire que le vaccin n’est pas sûr à cause de celui-ci.
  • Dans ce cas, il faut insister sur le fait que le PVDVc ne représente une menace que pour les enfants non vaccinés et qu’en les vaccinant efficacement à de multiples reprises, ils développeront une résistance totale contre l’ensemble des poliovirus, y compris le PVDVc.

Message à la personne s’occupant d’enfants

  • Présentation auprès de la personne s’occupant d’enfants, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne.
  • Je vois très bien pourquoi vous vous sentez comme cela. Cela a été le cas pour moi aussi avec les enfants de ma famille. Mais après, j’ai appris que le vaccin était parfaitement sûr et je n’ai jamais vu un enfant tomber gravement malade après s’être fait vacciner. Le pire qu’il puisse arriver est une légère poussée de fièvre, ce qui est normal : c’est un signe que le corps utilise le vaccin pour s’immuniser contre la poliomyélite.
  • Nous administrons ce vaccin depuis des années dans ce/cette [communauté/village/quartier/ville/zone] et tous les enfants se portent bien. Quand on y réfléchit, vous connaissez déjà tellement de personnes qui se font vacciner lorsque l’on vient et elles ne rencontrent aucun problème. Aussi, vous les connaissez probablement très bien. Les [responsables de votre communauté] et les [chefs religieux] ont également donné ce vaccin-là à leurs enfants et ils vont très bien. C’est parce que nous savons tous qu’il est totalement sûr. Nous avons la chance qu’il existe un moyen si facile de prévenir cette maladie. C’est formidable.
  • L’administration de ce vaccin ne protège pas que vos enfants ; en fait, cela nous aide à éradiquer la poliomyélite et donc à protéger les enfants de notre communauté. Si vous voulez, je peux prendre une petite dose de vaccin en même temps que votre enfant. Cela ne peut pas faire de mal et ne pose absolument aucun risque à quiconque le prend.

Message aux personnes influentes

  • Présentation auprès de la personne influente, dont son nom, son rôle, son origine et les personnes que l’on connaît dans la région et qui seraient connues de la personne d’influence.
  • Combien de personnes de votre communauté se sont fait vacciner, y compris vous et votre famille ? Et personne n’est jamais tombé malade, car le vaccin est totalement sûr. Se faire vacciner est simplement normal. Lorsque nous faisons vacciner tous nos enfants, nous pouvons protéger des maladies l’ensemble de nos familles et de la communauté. Nous avons la chance qu’il existe un moyen si facile de prévenir cette maladie. C’est formidable.
  • Certaines personnes semblent s’inquiéter que le vaccin ne soit pas sûr. C’est normal : c’est une bonne chose de s’inquiéter pour ses enfants et leur santé. Nous voulons qu’ils sachent que le vaccin est sûr et que rien de mal n’arrive jamais aux enfants à qui nous l’administrons. Et pour preuve : nous l’avons administré à d’autres enfants de la communauté auparavant et ces enfants sont en parfaite santé, exempts de poliomyélite. Nous espérons que vous nous aiderez en expliquant à votre famille, à vos amis, à vos voisins [et à vos responsables communautaires/chefs religieux s’il y a lieu] à quel point le vaccin est sûr et qu’ils connaissent, en réalité, de nombreuses personnes l’ayant reçu.

Concepts créatifs

Il existe trois approches conceptuelles pouvant constituer le fondement des campagnes de communication de masse lors des épidémies durables. Chacune d’entre elles considère les agents de santé et la santé de l’enfant de manière légèrement différente et peut être adaptée pour traiter des problèmes particuliers plus directement. Votre choix de campagne s’appuiera principalement sur les obstacles rencontrés par le public que vous avez identifiés.

  1. Nous sommes tous intimement liés
  2. Plus des étrangers
  3. Les meilleurs d’entre nous

Nous sommes tous intimement liés

On retrouve au cœur de ce concept l’idée que l’immunisation et la santé des enfants forment des obligations communautaires et que la communauté ne reste solide que si tous les enfants sont protégés. En s’inspirant de la riche tradition du textile dans de nombreuses régions à risque, cette approche adopte la métaphore de la communauté comme un tissu et l’utilise afin d’illustrer l’interconnexion ainsi que la plus grande valeur d’un gain collectif. Elle décrit également les comportements positifs de soutien et d’acceptation de la vaccination.

Dans d’autres médias, la métaphore est filée en montrant d’autres types d’interrelations et d’interconnexion, comme le routier qui est connecté aux autres par ses trajets ou le maçon qui joint des pierres pour construire les fondations solides d’une maison. Dans ces histoires, nous pouvons aussi décrire l’agent de vaccination de manière héroïque et très positive en vue de contourner les obstacles à l’acceptation et à l’accès. L’objectif est de normaliser, d’un point de vue social, la vaccination en insistant sur la responsabilité collective de vacciner chaque enfant pour le bien de tous les autres.

Liste de contrôle relative à la sélection

  1. Sensibilisation générale sur l’importance de la vaccination
  2. Surmonter la fatigue engendrée par la perception d’un trop grand nombre de campagnes de vaccination
  3. Surmonter les sentiments anti-vaccins
  4. Encourager le sens des responsabilités et la cohésion communautaire

Plus des étrangers

Le fait de savoir quelque chose au sujet de quelqu’un – leur ville d’origine, leur tribu, leur religion ou même simplement leur nom – change la manière dont on les perçoit et notre comportement envers eux. Lorsque l’on ne voit les agents de santé qu’à l’aune du rôle qu’ils jouent, on n’a moins de chances de les écouter que si l’on avait plus d’informations. Ce concept crée une atmosphère de confiance envers les agents de santé en les humanisant. Dans les médias de masse, nous les abordons avec leur histoire et leurs centres d’intérêt, puis nous tournons vers leur rôle d’agent de santé.

Cela se retrouve tout au long de la formation en matière de communication interpersonnelle : nous demandons aux agents de santé de se présenter (« Bonjour ! Je m’appelle Baharwar. Je viens de Lorilai. Comment allez-vous ? ») avant de commencer à poser des questions au sujet des enfants. Cette approche est conçue spécialement pour modifier la perception globale des agents de santé, bien que les techniques de communication interpersonnelle soient universellement applicables quel que ce soit le domaine conceptuel.

Liste de contrôle relative à la sélection

  1. Surmonter les échecs dans les lieux de prestation de services dus au manque de confiance
  2. Les personnes s’occupant d’enfants pensent que les agents de vaccination sont des « intrus » et qu’ils ne font pas partie de la communauté.

Les meilleurs d’entre nous

« Les meilleurs d’entre nous sont ceux que l’on choisit pour accomplir les tâches les plus difficiles. » Dans de nombreux domaines, les agents de santé font face à des conditions particulièrement difficiles allant entre autres de l’éloignement géographique extrême à des problèmes de sécurité. Dans ces situations, le fait de les décrire en partant de l’importance et de la dignité du travail nécessaire nous permet de modeler la manière dont ils sont perçus par le public ainsi que celles dont ils se voient et voient leur travail.

Ce concept a été élaboré en ayant à l’esprit les zones frontières du Pakistan, mais il peut facilement s’appliquer à tout endroit où il est utile de prendre en compte les difficultés qu’ils rencontrent, comme le nord du Nigéria, la Syrie, l’Iraq ou l’Ukraine.

Liste de contrôle relative à la sélection

  1. Surmonter le manque de respect rencontré par les agents de santé
  2. Cibler les zones présentant des conditions de sécurité difficiles
  3. Fatigue due aux campagnes répétées et autres problèmes de confiance

Feuille de travail relative à la planification de la communication

La feuille de travail relative à la planification de la communication présente les questions clés de la planification d’une campagne de communication stratégique. En répondant à chacune des questions, vous identifierez et préciserez votre stratégie de communication. Une fois remplie, la feuille de travail sert de point de référence à la communication tout au long de l’élaboration de la campagne et de la coordination avec les partenaires, notamment avec les agences de création et de communication, ainsi que de la conception des nouveaux messages de communication interpersonnelle.

Les sections de cette feuille correspondent à celles de la boîte à outils, dans laquelle figurent plus d’informations et d’analyses pour chaque domaine d’intervention d’une section.

Choix des canaux médiatiques lors des épidémies durables

Après les premiers efforts menés au cours de l’intervention visant à alerter et sensibiliser au sujet de l’épidémie de poliomyélite, la stratégie médiatique doit se tourner vers les obstacles qui permettent à la maladie de se propager. Les décisions à ce sujet doivent être fondées sur la situation dans les régions touchées et sur l’analyse collective de l’efficacité des canaux médiatiques avant l’épidémie et depuis son arrivée. Lors de l’examen des performances des médias, il faut aussi prendre en compte la promotion qui a été faite du programme et la manière dont sa progression a été aidée ou empêchée. Cela vous permettra d’évaluer si votre stratégie médiatique doit suivre une approche de visibilité élevée ou faible.

En ayant utilisé l’outil d’identification des causes profondes et la feuille de travail relative à la planification de la communication, vous devriez déjà avoir identifié les obstacles persistants et déterminé la manière de les surmonter par des messages et une idée générale des canaux médiatiques à utiliser. L’étape suivante est l’identification des canaux spécifiques les plus efficaces pour que les personnes s’occupant d’enfants laissent les agents de vaccination venir au domicile ou les amènent dans des cliniques ou des camps où la vaccination a lieu.

Répondez aux questions suivantes afin de déterminer les changements à appliquer à la planification des canaux médiatiques lors d’une épidémie durable :

  • Quels canaux ont été les plus efficaces pour changer les comportements au cours des 6 à 12 derniers mois ? Avez-vous mené des enquêtes ou du travail en groupe de discussion pour répondre à la question précédente ?
  • Quels canaux ont montré le plus rapidement des signes « d’inefficacité » (c’est-à-dire, ont échoué à faire résonner les messages ou à impliquer le public) ? Est-ce que les messages ne résonnaient plus auprès des personnes s’occupant d’enfants à cause de leur contenu ou du canal médiatique ?
  • Certains canaux sont-ils plus efficaces pour atteindre les cibles en milieu rural ? En milieu urbain ?
  • Quels sont les canaux les plus rentables ? La radio ou la télévision ?
  • Quel type de média gagné et/ou de publicité la campagne reçoit-elle ? Qu’est-ce qui peut être fait pour utiliser ou améliorer la publicité gagnée ?
  • Y a-t-il besoin d’utiliser davantage de médias « de rupture » comme les coups de pub ou les événements en direct plutôt que des médias payants ?
  • Quel rôle jouent les canaux de communication interpersonnelle qui permettent à l’impact des réseaux sociaux d’être plus grand que celui des médias payants ?
  • La culture populaire, que ce soit la musique, le divertissement ou les célébrités, peut-elle être un canal médiatique permettant d’atteindre un public plus large et peut-être moins intéressé ?
  • Si l’épidémie n’a pas pris fin à cause de certaines cibles géographiques, des micro-efforts médiatiques ciblés peuvent-ils être menés ? Cela peut aussi inclure les communautés séparées de la population générale pour d’autres raisons (langues, tribus, sectes religieuses, etc.).

Mesure, suivi et évaluation

Suivi de votre campagne

Le suivi, également appelé évaluation du processus, est le contrôle de routine (quotidien) des activités et des produits livrables afin de s’assurer que la campagne se déroule comme prévu.

Le suivi permet les choses suivantes :

  • découvrir les problèmes ou les déviations de la campagne ;
  • fournir des informations pour améliorer la prise de décision ;
  • mesurer les changements de comportement ;

si nécessaire, le message, les supports ou les activités peuvent être ajustés en temps voulu.

Principales mesures de suivi à prendre

  1. Préparer un plan opérationnel : décrire les informations qui seront recueillies, auprès de quelle(s) source(s), par qui, à quelles dates et à quel coût. Prêter attention aux pratiques éthiques visant à garantir la confidentialité et la sécurité des informations concernant les participants au programme.
  2. Développer des indicateurs d’évaluation : les indicateurs doivent refléter les variables qui entrent en ligne de compte dans le choix de la personne s’occupant d’enfants. Il peut être utile de considérer les étapes du parcours de la personne s’occupant d’enfants. Par exemple :
    1. Prise de conscience
      1. Connaissance de l’existence de la poliomyélite
      2. Connaissance de l’existence du vaccin
      3. Connaissance du lieu et de la manière de se faire vacciner
      4. Connaissance de la campagne
        1. Rappel de « l’image de marque »
        2. Rappel du message
        3. Impressions télévision
        4. Impressions radio
    2. Résonance
      1. Perception de la poliomyélite comme une maladie probable et grave
      2. Compréhension de l’importance de la vaccination contre la poliomyélite
      3. Perception du vaccin antipoliomyélitique oral comme un vaccin sûr et efficace
      4. Compréhension du concept d’immunité collective
      5. Perceptions collectives du vaccin contre la poliomyélite
    3. Hypothèse
      1. Intention de se faire vacciner
    4. Contact avec les agents de santé
      1. Perception de l’agent de santé comme une personne de confiance
      2. Perception de l’agent de santé comme une personne compétente
      3. Perception de l’agent de santé comme une personne honnête et exemplaire
      4. Perception de l’agent de santé comme un membre de la communauté
    5. Vaccination
      1. Raisons pour lesquelles les enfants n’ont pas reçu de vaccin
      2. Enfants n’ayant pas reçu de vaccin
      3. Nombre de vaccinations réussies
    6. Rappel de la vaccination
      1. Intention de se faire vacciner une nouvelle fois
      2. Couverture vaccinale
      3. Efficacité du contact
      4. Succès du rappel de la vaccination
    7. Mobilisation sociale et activités de plaidoyer
      1. Plaidoyer des personnes influentes
      2. Plaidoyer par les pairs
  3. Créer des modèles pour le suivi de la collecte des données : Création ou adaptation des outils que le personnel du programme utilisera pour mener les activités de suivi. Par exemple :
    • Formulaires de suivi indépendant, adaptés des directives et formulaires mondiaux
    • Listes de contrôle à l’intention des observateurs de la campagne
    • Groupes de discussion hebdomadaires pour les téléspectateurs
    • Brefs questionnaires d’enquête hebdomadaires, en utilisant RapidPro ou d’autres outils techniques, si disponibles
    • Séries trimestrielles d’enquêtes d’évaluation rapide de l’audience
    • Groupes de discussion trimestriels
    • Études sur les connaissances, attitudes et pratiques (CAP) en utilisant le questionnaire et les méthodes d’enquête d’Harvard, lorsqu’approprié
  4. Élaborer un plan d’analyse des données de suivi : Décrire les informations qui seront analysées, comment, par qui et à quelles dates. Il est utile de créer des tableaux fictifs pour l’analyse des données.
  5. Développer des modèles de rapports de suivi : créer des formulaires de rapport faciles à utiliser, en tenant compte du temps qu’il faudra pour les remplir et les lire. Le format doit être concis afin que les informations puissent être facilement interprétées et mises en œuvre.
  6. Développer un mécanisme d’utilisation des rapports de suivi pour soutenir les activités du programme en cours : créer un processus d’examen des rapports de suivi, en discuter avec le personnel, les partenaires et les parties prenantes si nécessaire, et déléguer des tâches pour résoudre tout problème détecté par les activités de suivi. Cela peut être fait par l’intermédiaire des équipes spéciales chargées de la communication ou d’autres forums.Rédiger un rapport sur les conclusions du suivi après chaque campagne ou trimestre : il est essentiel de communiquer efficacement les résultats du suivi si l’on veut qu’ils soient utilisés pour le plaidoyer et la replanification. Le descriptif doit être étayé par des graphiques et des illustrations pour aider le lecteur à comprendre les résultats. Lorsque nécessaire, traduire le rapport dans les langues locales afin de garantir que les données atteignent l’ensemble des parties prenantes essentielles, en particulier celles qui mettent en œuvre des stratégies à l’échelle infranationale.
  7. Diffuser les résultats : partager les résultats de l’évaluation avec les partenaires concernés et les donateurs ainsi que toutes les parties prenantes, les communautés ainsi que les participants au programme ou à l’étude, le cas échéant, et en discuter. Le personnel du programme doit rechercher les occasions de transmettre les résultats de l’évaluation par l’intermédiaire d’exposés détaillés, de sites Internet, de courriers électroniques, de bulletins, de listes de diffusion, de communiqués de presse, d’articles de journaux, de présentations lors de conférences et d’autres forums appropriés. Pour que les résultats soient le plus utiles possible, il faut s’assurer qu’ils sont communiqués dans des formats adaptés aux besoins des destinataires.

Méthodes de collecte des données

Il existe de nombreuses méthodes de collecte de données quantitatives et qualitatives. La ou les méthodes choisies pour une évaluation des facteurs suivants : 1) l’objectif de l’évaluation ; 2) les utilisateurs de l’évaluation ; 3) les ressources disponibles pour mener l’évaluation ; 4) l’accessibilité des participants à l’étude ; 5) le type d’information (par exemple, généralisable ou descriptive) ; et 6) les avantages ou inconvénients relatifs de la ou des méthodes. Toutes les évaluations devraient viser à utiliser des méthodes mixtes, c’est-à-dire une combinaison de méthodes quantitatives et qualitatives, afin de saisir les multiples facettes des résultats/impacts du programme et de pouvoir trianguler les résultats.

Source : UNICEF, Guide du PMNCH, Modèle 2. Disponible à l’adresse suivante : http://www.unicef.org/cbsc/index_65738.html.

En savoir plus

Explorez les deux autres modules d'apprentissage de ce didacticiel en 3 étapes pour concevoir des stratégies de communication fondées sur des données probantes pour aider à vacciner chaque enfant.

Intégrez des stratégies de communication, appréhendez leurs forces et leurs faiblesses, puis évaluez leur performance.

Vous ne pouvez pas tout faire : il est donc essentiel de savoir hiérarchiser vos interventions et cibler les comportements.